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DÉPÔT (gris) / DÉPÔT (blanc) 2016

Poser, déposer, reposer… Le dépôt de la poussière, à l’image de celui du temps, tient de l’état d’une chose laissée au repos, horizontale et fragile : celui du corps qu’on allonge, de la feuille mise à plat mais aussi celui de la trace, de ce qui reste.

 

Dépôt est conçue comme une table lumineuse en chantier sur laquelle reposent quatre dessins enchevêtrés où viennent jouer des zones de densités. Ces derniers sont des feuilles de carbone grises qui ont servi à dessiner et redessiner inlassablement un espace de vie et de travail : l’atelier, la chambre.

 

Il s’agit de donner à voir l’outil dans sa puissance et sa fragilité, entre matrice et détérioration : un entre-deux. Sorte de palimpseste, la feuille de carbone garde trace d’une activité du dessin répétitive et obsessionnelle. C’est le dessin d’un espace lui-même en construction et en déconstruction, qui hésite, pour rendre compte d’un rapport au temps double, à la fois profusion dans le temps de l’activité et en suspend par le dépôt du dessin dans son état. 

 

L’installation met en contact l’aspect brut des matériaux de construction de cette table (parpaing, vitre, néon) avec la délicatesse de ce papier juste posé donnant à voir un espace lui même inachevé. Un dessin pour lequel ce qu’il n’y a plus à voir, ce qui manque, ce qui n’est plus est ce qui est à voir par la lumière : un espace friable et précaire. ­

DÉPÔT (gris) / DÉPÔT (blanc)

 

2016

papier carbone 

installation : parpaing, verre et néon

L120xl76xh60cm