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FAC-SIMILÉ 2018

Fac-similé est une œuvre produite et reproduite par anna buno.

Elle produit et reproduit une forme de manière systématique, jusqu’à ce qu’elles finissent par ne plus exister.

Il ne reste de l’original que des traces, des empreintes érodées, qui ne sont que les indices d’une forme primaire.

On se retrouve face à ces copies, à se questionner, à tenter de reconstruire dans notre imaginaire cette matrice disparue.

Les copies se succèdent, se multiplient et se confondent ; c’est de par leurs différences et leurs ressemblances que l’on essaie de se former une image toujours imprécise de cette matrice disparue.

 

Mais cette image ne se créée jamais exactement, on reste en attente, comme emprisonné par la frustration de ne pouvoir reformer cette matrice inexistante, que l’on considère jusqu’alors comme l’œuvre perdue. On se veut responsable de sa reconstitution imaginaire, car elle est à notre esprit l’information originale. L’idéal qui se cache derrière l’imperfection de la copie.

 

Mais l’on ne peut se la figurer véritablement, un choix doit être fait ; se contenter d’une forme imparfaite qui ne vaut pas plus à notre esprit que les copies qui s’offrent à nos yeux. Ou bien, abandonner définitivement cette recherche de l’information primaire.

 

Si l’on se prend à l’abandon, alors cette myriade de copies prend une tout autre valeur, elles ne sont plus un moyen d’atteindre l’information, mais l’information elle-même.

 

Fac-similé n’est autre qu’un plaidoyer de la copie, trop souvent délaissée face à la noblesse de l’original qui se vante de sa préexistence. Mais pourtant la copie porte en elle toute l’information de la matrice d’origine, si ce n’est plus, car elle peut être modifiée, corrigée, là où l’original reste statique et sans vie.

 

Dès lors qu’on abandonne la recherche de la stabilité de l’original, la matrice que l’on s’était créée dans notre imaginaire devient ce que l’on veut supprimer de chaque copie. Comme un filtre nous permettant de voir les subtiles différences, créant un mouvement et une vie, là où une originale ne nous aurait procuré que stabilité et ennui.

 

Si ces copies sont les représentations d’un état des lieux, du travail créé à la « maison Gosselin » par l’artiste, on n’y ressent plus un état, mais des états qui sont les réflexions de la recherche faîte dans cette maison, de la vie entre ces murs. Car même une œuvre originale ne se créée pas instantanément, la recherche est une période de sélection vers la précision d’une matrice, et la copie nous refait vivre ce qui précède l’œuvre unique.

texte I Tom Buno

FAC-SIMILÉ 2018 photocopies